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 i saw the future in you + thésée

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Thésée A. Hawkins
Thésée A. Hawkins


PROFILMessages : 7
RPG

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MessageSujet: i saw the future in you + thésée   i saw the future in you + thésée EmptyMar 6 Nov - 15:00

Thésée Andrew Hawkins
« je dessinais mes nuits, je griffonais l'inconnu familier  »


ft. Max Irons

Nom : Hawkins, ce nom qui te colle à la peau, que tu as choisis d'arborer fièrement malgré une relation difficile avec ton père
Prénom(s) : Thésée le héros, prénom choisi par ta mère, Andrew (comme ton père, tu aimerais pouvoir t'en défaire, pour ne pas être si lié à lui, mais tu ne peux pas parce que c'est qui tu es)
Âge : 28 années se sont écoulées depuis que tu as vu le monde en cette belle matinée d'hiver
Date et lieu de naissance : 14 février 1990, le jour des amoureux, mais tes parents sont divorcés alors qu'est ce que cela peut te faire ? Pour toi le 14 février ce n'est rien qu'une date parmi tant d'autres. Tu as vu le jour à Sacramento, California, dans la maison de tes parents qui  devint bientôt seulement celle de ton père, alors que tu as suivi ta mère à New York
Orientation sexuelle : Hétérosexuel, les seules qui t'intéressent sont les femmes, ni leurs courbes ni leur beauté féminine, simplement leur façon de penser différente et leur force qu'elles cachent sous une apparente faiblesse
Groupe : : Mortel, tu es de ceux qui n'ont pas de pouvoirs ni de liens avec le monde divin, enfin c'est ce que tu crois

***

NATIONALITé :  Américain de pur sang, aucune touche étrangère ne coule dans le tien. éTUDE/MéTIER : Adjoint au maire de New York, tu t'es toujours destiné à la politique PEUT-IL VOIR A TRAVERS LA BRUME ?  Tu n'es qu'un humble mortel, les pouvoirs dissimulateurs de la brume fonctionnent sur toi, cela te maintient dans l'ignorance CONNAISSANCE DU MONDE MYTHOLOGIQUE : Tu n'en as connaissance qu'à travers des songes qui sont pour toi illusoire, tu ne sais pas ce qui se trame réellement autour de toi et tu ne sais pas encore quel rôle tu peux avoir dedans AMBITION : Tu rêves de devenir le plus jeune maire de New York et tu es bien parti pour arriver à tes fins DEFAUT FATAL : Ta loyauté et ton intégrité te perdront probablement, tu déteste être en dehors de tes principes ou faire quelque chose qui te paraît amoral POUVOIR (exceptionnel)  : Tes rêves n'en sont pas, les songes étranges que tu fais sans cesse et qui te réveillent la nuit ne sont pas anodins, tu es un mortel certes, mais tu as des pouvoirs de prémonition car Apollon a béni ta famille il y a des siècles de cela, tu es devin. POSSESSIONS : aucune

Caractère
« il n'y a que les faibles qui parviennent vraiment à vous faire changer d'avis  »

Thésée c'est le garçon silencieux du fond de la classe qui passe plus de temps à réfléchir au fond de lui qu'à faire des bêtises avec ses camarades. Avec l'âge il n'est pas devenu plus bavard. Très secret, il parle très peu de lui de manière spontanée, et il faut en général le harceler de questions pour qu'il vous réponde. Ce n'est pas quelqu'un qui aime attirer l'attention, il est plutôt, sans être solitaire, introverti. Il a même toujours été d'une pudeur effrayante voire maladive, à refuser de laisser ne serait-ce que sa mère le voir nu. Cela entre peut-être dans votre esprit en contradiction avec le fait de vouloir devenir maire et de travailler en politique où tout est mis à nu chez le politicien, mais son désir de politique est lié au fait qu'il veut réellement aider les gens. C'est un homme qui a le coeur sur la main, mais qui n'est pas d'une générosité naïve à tout donner à n'importe qui. Il est plutôt réfléchi et toutes ces actions sont pensées en vue d'un bien plus grand.

C'est une personne qui s'intéresse beaucoup aux autres et si vous discutez avec lui vous vous rendrez compte qu'il vous considère réellement comme une personne à part entière et unique qu'il a en face de lui, pas seulement quelqu'un parmi tant d'autres, ni une personne inférieure ou peu digne d'intérêt. Plutôt calme, on le dit même doux dans ses relations avec ses amis, mais lorsqu'il s'agit du travail il sait se montrer sec et ferme et ne perd jamais de vue sa ligne directrice. Pourtant il n'est pas du genre à se prendre la tête, faisant les choses de façon simple, précise et efficace. Lui ce qu'il aime ce n'est pas réfléchir pendant trente ans sur un débat politique mais plutôt montrer aux gens où il va dans son programme et retourner se faire une partie de jeux vidéos entre amis.

C'est quelqu'un qui privilégiera une soirée entre potes posés dans un canapé avec quelques bières plutôt qu'une énorme soirée en boîte de nuit ou un cocktail avec une centaine de personne, mais il répondra tout de même présent à ce genre de fête et sera le premier à enflammer la piste de danse et à s'amuser. Ses amis le décrivent en général bout-en-train de la bande, parfois même un peu trouble-fête. Il faut dire qu'il ne refusera jamais un défi qu'on lui lance, même s'il s'agit d'aller draguer une vieille de soixante dix ans, de grimper bourré à un poteau électrique ou de voler les chaussures d'un enfant. Bon camarade cela alimente son charme et son charisme que d'être un peu décalé de temps en temps. Il n'en demeure pas moins qu'il possède un grand sens de l'honneur et que toute chose volée sous les effets de l'alcool retrouve sa place le lendemain avec un paquet de chocolat et un petit mot d'excuse.

Anecdotes

1 • 1 ◊ est le descendant d'une famile bénie par les dieux (du côté de sa mère), depuis une génération sur deux porte en elle un devin, il est celui de sa génération 2 ◊ sa famille a été bénie par Apollon pour s'être sacrifiée pour le protéger (le croyant humain) lors d'un vol de brigands de grand chemin 3 ◊ il est sujet à des visions du futur, jamais du passé, qui lui viennent uniquement dans ses rêves ou lorsqu'il entre en contact visuel avec un demi-dieu concerné par une de ces visions (c'est rare puisque ce n'est pas systématique, il peut croiser un demi-dieu concerné sans avoir de flashs) 4 ◊ il ne connait rien du monde mythologique existant, et croit seulement qu'il a une grande imagination 5 ◊ évidemment il s'est tout de même renseigné sur les symboles qui peuvent appaître dans les rêves pour tenter d'expliquer les siens ce qui l'a conduit à être très doué avec les allégories et très calé sur les représentations des divinités et des sentiments mais il n'explique pas vraiment ses rêves 6 ◊ il adore les sous-marins, connait tout sur eux et les collectionne sous toutes ses formes que ce soit des porte clefs souvenirs, des lego sous-marin, des figurines et même une mini peluche sous-marin 7 ◊ il a donc vu tous les films qui se déroulent dans des sous-marins, son préféré étant U-571, et en a déjà visité plusieurs 8 ◊ aussi loin qu'il se souvienne il a toujours été sujet à des rêves étranges, ce qui l'a amené à rencontrer plusieurs médecins et psychologues, puis, après un séjour dans un hôpital psychiatrique pour enfant il a décidé qu'il valait mieux dire que c'était parti pour ne pas paraître pour un fou 9 ◊ depuis l'enfance une jeune fille est régulièrement dans ses rêves, il est obnubilé par elle et l'a vu grandir à travers ses visions : il la connait par coeur sans savoir qui elle est 10 ◊ contrairement au reste de ce qui se passe dans ses rêves, il est persuadé que cette fille existe réellement 11 ◊ accro à la cigarette et au café, il en fume une dizaine par jour et doit boire environ un litre de café par 24h 12 ◊ il lui arrive de travailler très tard le soir dans les locaux de la mairie car c'est quelqu'un qui a pour devise "si tu veux quelque chose débrouille toi pour le gagner" et pour ça il faut toujours plus travailler 13 ◊ n'ayant jamais le temps de rentrer déjeuner chez lui il est un adepte du food truck et des fast food 14 ◊ vit à New York avec sa mère depuis l'âge de ses 13 ans, avant il vivait avec ses deux parents à Sacramento en Californie 15 ◊il a donc pendant longtemps pratiqué le surf, comme tout Californien qui se respecte, et adore nager, passe-temps auquel il s'adonne le dimanche (beaucoup moins depuis qu'il a des difficultés à respirer) 16 ◊ est fiancé depuis six mois à Alma Destampes, une Française dont il est éperdument amoureux 17 ◊ il essaye donc de se mettre au Français pour faire plaisir à sa fiancée 18 ◊ il manie très bien les mots et est un politicien hors pair 19 ◊ véritable bourreau de travail tout ce qu'il a obtenu dans la vie il est allé le chercher par lui-même 20 ◊ il est fils unique d'une famille de la classe moyenne supérieure, ni trop aisé ni trop défavorisé, il ne sera jamais en manque d'argent mais comprend la valeur du travail et vit modestement 21 ◊ ses parents ont divorcé lorsqu'il avait 13 ans et il est en froid avec son père, qu'il tient comme responsable de la tristesse de sa mère, depuis, il ne le revoyait que pour les vacances qu'il allait passer à Sacramento, et recevait une carte pour son anniversaire, depuis qu'il est majeur il a coupé tous les ponts avec lui 22 ◊ ne parle jamais de ses prémonitions (de ses rêves) à personne de peur de se faire interner psychiatriquement ou que cela puisse nuire à sa carrière politique 23 ◊ incapable d'exprimer clairement ce qu'il voit dans ses visions car trop de détails se bousculent dans sa tête, il peut surtout le dessiner avec une précision époustouflante (ce qui reste de la bénédiction d'Apollon) 24 ◊ il possède donc un petit carnet qu'il garde dans sa table de nuit et dans lequel il répertorie tous ses rêves sous la forme de dessins 25 ◊ il a un talent inné pour les arts graphiques que sont le dessin et la peinture 26 ◊ a une mémoire photographique ce qui lui permet de retenir très facilement et en détail ce qu'il voit 27 ◊ a été interné dans un hôpital psychiatrique à l'âge de huit ans et y resta un an 28 ◊ là-bas on lui donnait toujours du papier et des crayons pour qu'il dessine mais à la fin il comprit que c'était ce qui le retenait prisonnier et décidé de délaisser les feuilles qui restèrent blanches 29 ◊ est torturé par ses cauchemars ce qui fait qu'il a longtemps eu peur de s'endormir, au début on disait que c'était des terreurs nocturnes maintenant il a besoin de somnifères pour dormir 30 ◊ c'est un grand adepte des jeux vidéos 31 ◊ l'alcool développe chez lui un penchant kleptoman 32 ◊ne dit jamais non à un défi 33 ◊ dort toujours avec une veilleuse 34 ◊ a surnommé la femme de ses nuits Lola 35 ◊ ses visions peuvent parfois disparaître au fil de la journée, c'est pourquoi il vaut mieux qu'il dessine directement le matin au réveil pour ne perdre aucun détail

Et toi derrière l'écran
Pseudo : Ice
Âge : J'ai soufflé en tout 210 bougies dans ma vie.
Comment as-tu connu le forum ? : F.E.D
Quelque chose à en dire ? : Je crois pas nan !  i saw the future in you + thésée 2102146847
Code du règlement : \o/
Un mot d'amour ? : Love Alma flower
©️Ice


Dernière édition par Thésée A. Hawkins le Mer 7 Nov - 19:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: i saw the future in you + thésée   i saw the future in you + thésée EmptyMar 6 Nov - 15:03

Histoire
« d'un enfant qui a toujours rêvé d'être grand  »



« Et si tu me racontais ce rêve, Thésée ? »

Il leva les yeux vers la psychologue qui se trouvait en face de lui, tripotant nerveusement ses mains sous le bureau, jetant des regards furtifs à la porte derrière laquelle se trouvait ses parents. Il n'était pas vraiment certain de vouloir raconter une nouvelle fois les images qui s'en prenaient à lui lorsqu'il dormait. Il l'avait d'abord raconté à sa mère, puis à son père, et voilà qu'il devait recommencer devant ce médecin, inconscient de ce que cela pourrait bien avoir comme conséquence sur lui. Ce qu'il savait c'était qu'en parler était compliqué, imprécis, il ne disait que vaguement les choses, répétant les yeux dans le vide les mots sangs combat violence et mort. Pourtant dans sa tête tout était si clair. Se levant, le petit garçon de six ans alla attraper une feuille dans l'imprimante, et un crayon sur le bureau avant de venir se rassoir à sa place. Rapidement, sa main se mit à s'agiter, à griffonner, à griser le papier blanc avec une précision époustouflante. Petit à petit apparurent des visages, déformés par la peur, tordus par la souffrance, des corps desquels on aurait presque cru voir couler le sang, brisés eux aussi par endroits. Autour d'eux la désolation. Aucun n'était resté debout, tous étaient tombés, empalés sur des lances, la tête séparée du corps, les yeux vides d'expression, certains arborant un dernier rictus qui les défigurait et donnait à ces cadavres une allure fantomatique. Sur cette feuille de papier la mort semblait s'être incarnée. Et le pire dans ce décor cauchemardesque, c'était qu'ils avaient l'air encore jeunes. Pendant qu'il dessinait, le petit garçon avait les dents serrées par la douleur, comme s'il la vivait, et les larmes roulaient sur ses joues de tristesse et de peur, de toute cette souffrance qu'il ressentait comme la sienne, mais il continuait de dessiner frénétiquement, inlassablement, fidèlement, car on lui avait demandé de quoi il avait rêvé. Ce fut le premier jour.

Mais bientôt une feuille ne fut plus suffisante. Il lui en fallait plus, et lorsqu'on ne lui fournissait pas de feuille, il dessinait à même la table, alors le médecin lui en tendait toujours de nouvelles, à lui, ce petit garçon silencieux qui gribouillait ses nuits. C'était souvent similaire : du sang, des larmes, des créatures aux ailes arrachées, à la peau décharnée, des bêtes cornues se tenant sur deux pattes, des corps sybillins et des visages chimériques. Et c'était toujours la même chose quand on lui demandait de raconter ses rêves. Et toujours ses doigts se serraient sur le crayon de sorte que les jointures en étaient blanches, les ongles de sa main gauche rentraient dans sa peau, son visage était mouillé de larmes, ses sourcils froncés par la peine. Il s'appliquait du mieux qu'il pouvait pour que le docteur soit satisfait, mais il n'avait aucune idée de ce qui allait lui arriver. Ce jour-là il dessina jusqu'à la nuit tombée, les feuilles glissaient autour de lui et tombaient sur le sol, le crayon se cassa plusieurs fois. C'était le dixième jour.

Thésée se réveilla en sueur en pleine nuit. Il regarda tout autour de lui dans sa chambre, et ses yeux s'accrochèrent désespérément à la veilleuse qui maintenant dans la pièce une sorte de halo de lumière blanchâtre qui n'avait rien de rassurant, mais qui lui permettait de ne pas rester dans le noir complet et les horreurs qu'il pouvait apporter. Il resta quelques instants immobiles, tout tremblant, puis osa sortir un bras maigre de son lit pour chercher l'interrupteur de la table de nuit. Attrapant le petit carnet à croquis qui se trouvait dans la table et que sa mère avait déposé là au cas où il ressentirait le besoin de dessiner, Thésée chercha de son autre main le crayon. Pour la première fois il ne dessinait pas un paysage de mort et de souffrance, mais simplement les traits tirés d'une fillette triste, perdue, égarée, et on pouvait ressentir la souffrance dans les contours du visage et les froncements de sourcil qu'il dessinait. Thésée était d'un calme à faire peur, noircissant quelques cheveux, quelques recoins de la peau laissant deviner qu'elle s'était cognée. Elle était assise et silencieuse, prostrée dans un coin : celui d'une pièce qu'il n'identifiait pas vraiment, et jamais le dessin n'avait été aussi fixé sur une seule personne, comme si le cadre autour n'importait pas vraiment et qu'elle 'était le coeur du rêve. La douleur que Thésée ressentait était différente de celle des combats et du sang, elle était plus pure et plus profonde, et marquait non pas les corps des blessés mais l'âme de la petite fille. Il la redessina plusieur fois cette nuit, toujours dans la même position, ce même visage à moitié caché par des cheveux qui tombaient sur ses yeux, et il la regarda longtemps, interdit. Le lendemain matin était le onzième jour. Et cela dura deux ainsi. Deux années à dessiner ses nuits, à pleurer et à redouter le moment de s'endormir... Deux années, avant qu'il ne devienne fou.

2 ans de thérapie... C'est rare de se faire suivre aussi longtemps pour un âge aussi bas que le sien, surtout lorsqu'il n'y a pas de progrès. Pourquoi les parents de Thésée continuaient de payer la psychologue alors que rien ne s'arrangeait ? Il ne savait pas. Lui il avait 8 ans il n'était pas du genre à contester l'autorité établie, se rendant chez son médecin pour dessiner, même si cela ravivait en lui les douleurs de ses nuits. Et plus il grandissait, plus il revoyait la petite fille. Cette nuit là elle tambourinait contre la porte d'un lieu étroit et sombre, puis se laissait glisser contre cette porte, abattue, solitaire, abandonnée. Thésée la regardait pleurer, enfermée dans ce placard, incapable de faire quoi que ce soit pour l'aider, ne comprenant pas on plus pourquoi on lui faisait tant de mal et pourquoi on la traitait de folle. De ses petits doigts d'enfant il traçait les courbes de son visage et l'entrelat de ses cheveux éparses, et au milieu de ce dessin, il ressentait la colère et la frustration de la jeune enfant, noircissant par endroits le papier plus fortement, cassant la mine du crayon sous l'effet douloureux que lui procuraient ces sentiments. Plus la journée passait, plus c'était la fille qu'il dessinait, et plus son dessin avançait, toujours le même, recopié sur différentes pages vierges, plus il le noircissait, dans un ballet macabre qui fit prendre peur au médecin. Le lendemain on l'emmenait, lui, ses doudous, quelques vêtments et trois crayons de couleur (de toutes façons il n'utilisait que le noir), on l'emmenait vers un endroit "pour le guérir". Mais voilà, Thésée n'était pas certain d'être malade.

***

Thésée Andrew Hawkins
Patient n°371
Date de naissance : 14 février 1990 (8 ans)
Symptômes : A l'étude
Diagnostique : A déterminer
Jour d'internement : 1

On l'avait mis là depuis la veille. Au début il n'avait pas voulu se séparer de ses parents au moment de dormir. Finalement il avait du accepter, à contre coeur, et comprendre que désormais c'était ici qu'il allait vivre. Il posa beaucoup de questions pour savoir quand est ce qu'il irait à l'école, où étaient ses amis, à quelle heure était le goûter : mais personne ne lui répondit. On lui parla peu à part pour lui demander de manger et il dû passer des examens médicaux. S'il avait pleuré au départ de ses parents, il ne versa pas une larme ni ne broncha pendant les examens médicaux, ni lors de la prise de sang, ni même lorsqu'on l'osculta nu, atteinte à sa pudeur d'enfant, ni même encore lorsqu'on lui demanda de tirer la langue, chose interdite à la maison. Naturellement quand on lui tendit une feuille et un crayon : il dessina. Ce fut sa première erreur.

Thésée Andrew Hawkins
Patient n°371
Date de naissance : 14 février 1990 (9 ans)
Symptômes : Insomnies, cauchemars, dessins révélateurs de mort ou de douleur, enfant toujours tendu et semble souffrir de ses dessins
Diagnostique : Maladie mentale non spécifiée
Jour d'internement : 289

Presque un an. 289 jours très exactement. Bien sur il n'avait pas lui-même compté jusque là. Il se souvenait simplement que son anniversaire était déjà passé depuis 10 jours, ses parents étaient venus le fêter avec lui au "centre" comme ils l'appelaient, lui préférait le mot prison, mais outre ce moment de joie et de réconfort familial, il avait perdu toute notion du temps. Evidemment il ne dessinait pas tous les jours. Cela fonctionnait par période, et lui-même sentait quand il devait dessiner un rêve ou non. Les médecins ne trouvèrent pas de combinaison, pensant que c'était aléatoire, alors qu'en réalité, au fond de lui, Thésée savait que cela ne l'était pas. Mais après l'anniversaire passé avec ses parents, et la promesse d'un jour meilleur, il se dit que ce qui le gardait ici, c'était peut-être les dessins. Il s'allongea sur son lit en s'aggripant à l'oreiller. Après tout, les médecins lui donnaient toujours des feuilles, voulaient toujours savoir ce qu'il dessinait et pourquoi. Ils avaient rapidement abandonné les questions à propos des dessins : il n'y répondait pas, ou alors il essayait comme il le pouvait, mais ne donnait jamais d'informations nécessaires ou intéressantes. Pourtant ils continuaient de les collectionner, essayant de trouver des algorithmes temporels quant à leur fréquence d'apparition. Parfois c'était pendant trois nuits le même, puis plus rien. L'événément était passé, alors Thésée l'oubliait et d'autres présages jaillissaient dans sa tête. Eux ne comprenaient pas. Lui ne comprenait pas. Mais ce jour-là, le jour 289, il décida d'arrêter de dessiner.

Il ne fallut pas longtemps aux médecins pour se rendre compte que quelque chose clochait. Et finalement, ils arrivèrent à la conclusion que l'enfant ne dessinait plus probablement parce que leur nouveau traitement fonctionnait. Les cachets qu'il prenait au petit déjeuner devaient servir à bloquer tout ce qui n'allait pas chez lui : autrement dit, en réalité, rien du tout. Ils le gardèrent encore un peu, et le 365ème jour ils lui permirent enfin de rentrer chez lui. Son père et sa mère avaient organisé une fête de bienvenue, c'était chouette, voilà ce qu'il vous dirait s'il devait en parler. C'était chouette et c'est tout.

***

Thésée ouvre les yeux et fixe le plafond, haletant. Il cherche du regard sa veilleuse, fidèle amie de ses nuits de terreur, compagnon de fortune lui redonnant espoir. Elle reste gravée dans son esprit. Elle. L'illusion. Le rêve. Lola. C'était comme ça qu'il l'avait appelée, cette fille au regard triste et à la vie pluvieuse. Il avait lu quelque part que Lola signifiait à la fois la douleur, chose qu'il ressentait dès qu'il la voyait, et dont elle semblait emplie, mais aussi le désir, et même si cela se traduisait de façon étrange, par ses esquisses et brouillons de portrait, elle était l'objet de l'un des siens. Il resta là, silencieux, reprenant son souffle, fixant le plafond et l'image de Lola, ses mains tâchées de sang, son visage déformé par la tristesse et la peine, son esprit torturé par le deuil. Rapidement il se leva et attrapa le carnet qu'il rangeait désormais dans le tiroir de son lit pour dessiner à l'insu de quiconque voudrait le surprendre. Le stylo s'agita sur la feuille, il fallait le mettre à plat, avant que le souvenir disparaisse, que les détails s'estompent, que son esprit lui fasse défaut, il ne veut rien perdre de ce rêve, dans un désir masochiste de se souvenir, lui qui souffre de ce qu'il écrit. Le rêve était décousu. D'abord des jeunes qui partaient ensemble quelque part, puis la mort. Fulgurante. Totale. Irrémédiable. Et Lola, debout au milieu des cadavres, puis qui s'effondre elle aussi. Sans se réveiller Thésée avait crié, de peur de la perdre pour toujours. Il la revoyait ensuite, avec cet air blafard sur le visage, les yeux ternes et vide, la bouche fade, le teint pâle. Il y a des gens autour, ils lui parlent et leurs mains s'agitent dans tous les sens, cela donne mal au crâne de Thésée qui porte une main à sa tête, mais elle n'entend pas, elle est ailleurs, elle est trop loin. Il la dessine encore en murmurant son prénom. Ils ne comprennent pas. Personne ne comprend. Lui il comprend. Où es-tu Lola ?

Elle est le soleil de ses journées, embellit sa vie, rend ses nuits plus agréables, moins douloureuses, avec elle il a l'impression qu'il pourrait avoir l'univers dans le creux de sa main, qu'elle est celle qu'il lui faut et pour toujours, cette touche de douceur dans son monde noir et obscur. La nuit lorsqu'il se réveille d'un cauchemar, il n'a que se retourner et la voir, à ses côtés, dormant paisiblement. Alors il caresse sa joue du bout du doigt, l'observe dans le silence de la nuit, ayant presque l'impression de violer une part de son intimité à la voir là, si vulnérable et si belle à la fois, puis il ferme les paupières et se rendort. Mais ce soir-là, il ne trouve pas le sommeil. Il reste là, appuyé la tête sur le coude, regardant son buste dénudé se soulever au rythme de sa respiration, admirant sa peau pâle et immaculée sur laquelle il cherche une imperfection sans la trouver, et il se dit qu'avec les maladies qui touchent New York en ce moment, avec ses propres soucis de respiration et avec les morts qui peuvent tomber tous les jours il ne veut plus attendre. Thésée ouvre sa table de nuit, jette un coup d'oeil au carnet qui l'attend et se saisit de l'écrin qui se trouve à côté. Il jette un coup d'oeil à sa belle endormie dans les draps froissés et l'ouvre : un rubis entouré de diamants, la même que celle de sa mère qu'il aime tant. Il referme l'écrin dans un bruit léger mais qui lui semble briser le silence de la nuit, dépose un baiser sur le front de la jeune brune pour la réveiller, et n'y tenant plus, met un genou à terre, nerveux comme il ne l'a jamais été, son coeur battant plus vite qu'il ne le croyait possible alors que d'une voix fébrile il demande, la regardant de ses pupilles brillantes malgré l'obscurité de la nuit :

" - Alma Destampes, veux tu m'épouser."

©️Ice
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